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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:15

L’hebdo Politis et la librairie La Friche, avec les éditions Amsterdam
ont le plaisir de vous convier à une rencontre autour du livre de Mario Moretti
Brigate Rosse. Une histoire italienne
(entretien avec R. Rossanda et C. Mosca)
Editions Amsterdam

En compagnie de
Rossana Rossanda, auteure du livre, journaliste, fondatrice du quotidien de la gauche critique italienne Il Manifesto ;
Isabelle Sommier, sociologue et historienne (université de Paris I), spécialiste de la violence politique ;
Enzo Traverso, historien.
La rencontre sera animée par Olivier Doubre, traducteur du livre et journaliste à Politis.
             le mardi 5 octobre à 19h
            à la librairie La Friche, 36 rue Léon Frot, 75011 Paris

 Présentation du livre :
Au début des années 1990, Mario Moretti, principal dirigeant des Brigades rouges pendant les années 1970, est incarcéré à Milan. Il accorde alors un long entretien à deux célèbres journalistes italiennes, Carla Mosca et Rossana Rossanda, ancienne dirigeante du Parti communiste italien. Publié pour la première fois en France, ce témoignage unique restitue au plus près l’histoire italienne des années de plomb, la situation d’exception qui régnait alors, ainsi que le mouvement massif d’in subordination révolutionnaire qui secouait la péninsule transalpine. Tout au long de cette période, l’ordre existant semblait à chaque instant près de vaciller.
De la formation politique des premiers brigadistes dans les usines milanaises à l’arrestation de Moretti, plus de dix années se sont écoulées. En 1978, les Brigades rouges ont organisé l’un des événements majeurs de l’histoire italienne contemporaine : Aldo Moro, chef de la Démocratie chrétienne, promoteur d’un « compromis historique » entre cette dernière et le Parti communiste, est enlevé et exécuté... par Moretti lui-même, qui le reconnaît ici pour la première fois. Tout au long de cette décennie, les Brigades rouges se sont évertuées, à travers la terrible radicalité du choix politique de la lutte armée, à combattre l’État, le capitalisme et l’exploitation, au nom de la liberté et de l’égalité. Sans compromis ni compromissions. Mais à quel prix ?
À l’heure où le monde semble s’installer de nouveau durablement dans une ère de turbulen ces et où partout les États mettent en place des législations d’exception au nom de la lutte contre le terrorisme, il importe plus que jamais de revisiter l’histoire italienne des années de plomb.
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Olivier Doubre
Politis
Chef de Rubrique "Idées/Essais"
2 Impasse Delaunay, 75011 Paris
01 55 25 86 91 / 06 80 44 91 40
doubre@politis.fr

2.
Enzo Traverso: “Années de plomb, entre tabou et refoulement”
ottobre 1, 2010 di insorgenze

Le livre entretien de Mario Moretti publié en Italie en 1994 vient de paraitre en France, traduit, préfacé et annoté par Olivier Doubre, chez Amsterdam, 356 pages, 19 euros. C’est l’occasion pour l’historien Enzo Traverso d’analyser le climat politique de la fin des années 1970 italiennes, et de tirer le bilan, aujourd’hui de cet épisode encore peu étudié par les historiens

* (Nei prossimi giorni sarà disponibile in linea anche una versione in italiano di questa intervista. Ndr)

Propos recueillis par Jean-Claude Renard
Politis 1 septembre 2010

Avec le recul, quel regard d’historien portez-vous sur ces années de plomb?

J’ai vécu entre Gênes et Milan entre 1977 et 1981, ce qui correspond aux années les plus dures, d’une lourdeur extrême. Cette période apparaît lointaine: un quart de siècle s’est écoulé, et le monde a totalement changé; c’est en même temps une époque qu’on a du mal à inscrire dans une perspective historique. C’est la grande différence avec Mai 68: on a vu en France il y a deux ans une vague éditoriale, qui n’était pas médiatique mais constituait déjà un début d’historicisation, avec d’importants travaux. L’Italie est encore dans un état hybride, entre le tabou, le refoulement, l’incapacité de faire face à cette période, l’ersatz judiciaire et les demandes d’extradition. Ce passé a plus été élaboré au tribunal que dans l’espace public. Le bilan n’a été tiré ni par les responsables politiques de l’époque ni par les historiens. Les années 1970 commencent seulement à être étudiées. C’est un héritage très lourd, une époque riche de potentiels et qui s’est terminée de la pire des manières. Ce qui explique l’incapacité à lui faire face. Avec une génération, au sens large du terme, qui a produit le meilleur et le pire.

Quelle est cette production du meilleur et du pire?

Aujourd’hui, on trouve des exmilitants de la gauche radicale dans un parti xénophobe, raciste et populiste comme la Ligue du Nord (l’actuel  ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni) et dans le Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi (le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini). Nombre de gens sont arrivés au berlusconisme en passant par Bettino Craxi, qui, le premier, avait compris que la crise de la gauche radicale jetait dans la nature toute une generation en perte de repères, et qu’on pouvait y puiser. Quant au meilleur, il se trouve dans les universités, où travaillent des philosophes comme Giorgio Agamben et Domenico Losurdo, des historiens comme Guido Crainz, ou dans la littérature, avec des écrivains comme Erri de Luca.

Comment les mouvements d’extrême gauche percevaientils l’existence d’un groupe armé?

Il s’agissait de «camarades qui se trompent». Au départ, on ne sait pas très bien qui sont les Brigades rouges, si elles s’inscrivent dans la tradition de la Résistance ou dans une guerilla à la manière de l’Amérique latine. Dans un climat tendu, militaire, les Brigades rouges étaient le groupe le plus audacieux. Il y avait une réserve, parfois une condamnation, mais, en même temps, les Brigades exerçaient une fascination très forte sur l’extrême gauche en général. Cette fascination est devenue une attraction politique, parfois irrésistible, après 1976, l’année de la dissolution de Lotta continua. Pour toute une mouvance soudainement dépourvue de repères, les Brigades rouges avaient une capacité d’action époustouflante. Elles prétendaient porter l’attaque au coeur de l’État, et c’est ce qu’elles ont fait! Jusqu’à kidnapper Aldo Moro le jour où la stratégie du compromis historique devait être votée à l’Assemblée. Pour moi, trotskiste alors, et pour beaucoup d’autres, les sentiments étaient partagés: d’une part, on critiquait le terrorisme dans la mesure où l’on pensait qu’il remplaçait l’action des masses; de l’autre, on combattait la répression et on défendait tous ceux qui étaient arrêtés. Nous avions forgé le slogan «ni avec les Brigades rouges ni avec l’État», qui n’était pas faux mais traduisait en même temps notre impuissance.

La répression des autorités a été l’occasion d’exactions, de tortures, de lois spéciales, comme le souligne Mario Moretti dans son livre…

Il faut rappeler que le climat était d’une extrême tension. Ainsi, un de nos camarades, dont l’activité n’avait rien de clandestin, a subi une perquisition avec le déploiement d’hélicoptères et des unités spéciales de la police en tenue de combat. Cela n’avait aucun sens! Se réunir simplement dans un café pouvait poser un problème. L’Italie est restée, malgré tout, une démocratie, la torture ne s’est pas généralisée, même si les brigadistes ont parfois subi des massacres, comme dans le cas de via Fracchia, à Gênes, bien décrit dans le livre. Mais il faut rappeler que tout cela se déroulait dans un climat d’accoutumance à la violence qui, au final, banalisait la répression. Tous les jours, la presse rapportait qu’un cadre d’entreprise, un haut fonctionnaire ou un professeur d’université avait été tué ou «gambizzato» (blessé aux jambes par balles). Ce climat explique, à partir des années 1980, le rejet de la violence et une certaine fétichisation des droits de l’homme, qui, comme un contrecoup de la saturation antérieure, sont devenus un substitut de la politique.

Comment expliquez-vous l’émergence et l’importance des Brigades rouges, à la difference d’autres groupes, en Allemagne ou en France?

Les Brigades rouges sont une organization terroriste née dans un pays qui a connu la Résistance comme mouvement de lutte armée de masse. L’Allemagne a également connu une résistance antinazie, numériquement aussi importante qu’en Italie ou en France, mais, pour toute une série de circonstances historiques, en Allemagne, il n’y a pas eu de résistance armée de l’intérieur. Les brigadistes s’inscrivent dans cette tradition, trouvant des relais dans les usines, ayant des contacts avec les militants de base du Parti communiste et les anciens résistants. En Allemagne, la RAF (Fraction armée rouge) n’est pas issue du mouvement ouvrier, il fallait mener la lutte armée contre un État «fasciste», héritier du régime nazi. Les brigadistes ont parfois subi des massacres, comme dans le cas de via Fracchia, à Gênes, bien décrit dans le livre. Mais il faut rappeler que tout cela se déroulait dans un climat d’accoutumance à la violence qui, au final, banalisait la répression. Tous les jours, la presse rapportait qu’un cadre d’entreprise, un haut fonctionnaire ou un professeur d’université avait été tué ou «gambizzato» (blessé aux jambes par balles). Ce climat explique, à partir des années 1980, le rejet de la violence et une certaine fétichisation des droits de l’homme, qui, comme un contre motivations, les perspectives sont donc différentes. Si le terrorisme ne s’est pas enraciné en France, c’est lié à une plus grande stabilité politique des institutions françaises. Il n’y a pas eu de crise de l’État comme en Italie. La Ve République a finalement pu traverser la période des années 1970 sans dommages. Sans comparaison avec l’Italie. D’autre part, l’extrême gauche française avait une orientation politique et idéologique bien différente. L’armure idéologique des trotskistes a empêché certaines dérives. D’une certaine manière, la gauche radicale italienne a dû s’inventer, parce que sans tradition ni forte matrice, contre le Parti communiste. Elle a dû trouver ses repères idéologiques. Du coup, elle a été plus novatrice, mais sur des bases plus instables, plus fragiles. La gauche radicale française était prête à une traversée du désert, ce qui n’était pas le cas en Italie.

Quelle est l’importance du témoignage de Mario Moretti, si l’on songe notamment aux accusations d’infiltrations et de manipulations?

Ce témoignage est d’autant plus important que Mario Moretti dissipe un certain nombre de mythes qui existent encore, même en Italie. Après la chute de l’Union soviétique, certains documents sont sortis prouvant que les Brigades rouges avaient eu des contacts avec certains services des pays de l’Est. Commes elles voulaient faire tomber les institutions italiennes, il est naturel que les Brigades aient suscité l’intérêt des uns et des autres. Dans le contexte d’alors, il est tout à fait possible que l’organisation ait eu des contacts avec l’Est, voire avec l’OLP. Mais que la trajectoire des brigadistes, leur naissance, leur développement, s’explique par le rôle des services secrets de l’Est, de l’OLP ou du Mossad est un mythe qui ne tient pas la route. Il n’y a eu, à l’évidence, aucune manipulation. Mais on peut imaginer des infiltrations de la part de l’État italien. Il faut savoir que celui-ci n’a d’abord rien compris au mouvement. Il y avait un noyau de 150 personnes dans la clandestinité, un autre noyau, plus large, de gens qui pouvaient aussi entrer dans la clandestinité et, enfin, une aire de milliers de sympathisants. Un groupe plus facile à infiltrer. Mais, à vrai dire, l’infiltration relève de la norme dans l’histoire de toute organisation terroriste. En tout cas, face à ce foisonnement d’organisations révolutionnaires, à quelques exceptions près, les hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ne comprenaient pas grand-chose.

La mort d’Aldo Moro semble avoir marqué un tournant pour les Brigades rouges.

L’expérience des Brigades rouges s’est mal terminée, et ne pouvait que mal se terminer. Les Brigades ont surgi et se sont nourries de la crise des mouvements sociaux et politiques ayant marqué l’Italie des années 1970. En même temps, leur succès, leurs exploits militaires ont décrété la fin des mouvements d’extrême gauche, la fin de la contestation. Ce que dit clairement Mario Moretti dans ce livre : «Après l’affaire Aldo Moro, nous étions à l’apogée de nos forces, et nous n’avions aucune perspective». Ils ne savaient plus quoi faire. Et, à y réfléchir, l’apogée des Brigades rouges correspond à la défaite du mouvement ouvrier : l’automne1980 est marqué par l’échec de la grève des ouvriers de Fiat, licenciés par milliers, 24 000 à Turin, après un mois de grève. Tous les activistes d’extrême gauche et beaucoup de responsables syndicaux sont virés. C’est un tournant. Les années 1980 seront très différentes de la décennie antérieure.

Enzo Traverso est professeur de sciences politiques à l’université de Picardie, à Amiens.


3.
30/09/2010 - IL CASO
Calogero e il Sette aprile?"Avevo ragione io"


Pietro Calogero ai tempi del processo. Sostituto procuratore di Padova, il 7 aprile 1979 aveva fatto arrestare i maggiori leader di Autonomia Operaia


Il magistrato che denunciò i legami tra Autonomia e Br rompe 30 anni di silenzio con un libro. Segno di un cambio di clima nel dibattito su quella stagione
JACOPO IACOBONI

“Oggi il clima è cambiato, se ne può finalmente riparlare; anzi, sentivo necessario da parte mia un atto di massima verità e chiarezza». L'uomo che parla ha ormai superato i settant'anni, si schiarisce la voce, esita leggermente, riflesso di antiche diffidenze. Si chiama Pietro Calogero, è procuratore generale a Venezia ma trent'anni fa fu l'autore della più famosa, e contestata, indagine sul terrorismo mai avvenuta in Italia, quella sull'Autonomia padovana, passata alla storia come il «sette aprile», scritto così, senza l'anno. ??La sua uscita farà discutere: «Voglio confermarlo, sull'Autonomia operaia avevo ragione io; Autonomia e Br, pur distinte, erano collegate in un vero e proprio “partito armato”, dotato di una struttura di collegamento ad hoc». Ma perché l'anziano magistrato - che fu il primo, tra l'altro, a imboccare la pista dell'eversione nera e dei servizi deviati per piazza Fontana - ha deciso di riprendere proprio ora la parola nel dibattito pubblico? «Qualcosa si è sbloccato. Anche grazie al presidente Napolitano». Così Calogero - assieme a Michele Sartori, allora inviato dell'Unità, e allo storico Carlo Fumian - ha scritto un appassionante libro diviso in tre (cronaca, testimonianza, storia) che s'intitola Terrore rosso. Dall'autonomia al partito armato (editore Laterza).??Non è l'unico saggio che cerca di guardare agli anni di piombo fuori dalle biografie di parte, e da una querelle generazionale che aveva inesorabilmente mescolato il ricordo, l'autoricostruzione benevola con se stessi, le simpatie, gli odi e le militanze. Spesso obliando il dolore. Rizzoli, per esempio, pubblica l'edizione italiana di un progetto monumentale di Marc Lazar e Marie-Anne Mathard-Bonucci, che Lazar definisce «solo una tappa» ed è realizzato, dice, da tantissimi ricercatori, alcuni dei quali non hanno neanche trent'anni. È anche in corso un «passaggio di testimone tra generazioni», scrivono. «Con tutto quello che ciò comporta in termini di presa di distanza e di occhio critico». Si tratta, forse, di un cambio di stagione nel dibattito pubblico italiano; uno sforzo che in questi mesi ha prodotto testi diversi, per esempio quello ripubblicato qualche mese fa da Angelo Ventura, il professore gambizzato proprio a Padova dall'Autonomia, che ha scritto un nuovo testo introduttivo a un suo antico libro. Oggi fa discutere, ma quando fu scritto, nei primi Anni Ottanta, era passato sotto silenzio (Per una storia del terrorismo italiano, Donzelli). Anche memorie personali, come il libro di Anna Negri, la figlia di Toni (Con un piede impigliato nella storia, Feltrinelli), o di Benedetta Tobagi, figlia del giornalista del Corriere ucciso dei brigatisti di Marco Barbone (Come mi batte forte il tuo cuore, Einaudi), provano a leggere fette di Anni Settanta smettendo di fronteggiarsi. ??«Sta mutando il discorso pubblico; e poi passati trent'anni le fonti, anche quelle in vita, si fanno più disponibili», riflette Fumian, che proprio a Padova insegna Storia contemporanea. Così, assieme a un grande cronista come Michele Sartori, ha potuto vincere la ritrosia di Calogero. Che adesso ci racconta sul '77 quel che fino solo a cinque anni fa sarebbe stato improbabile sentirsi dire, peraltro con ricchezza di nuovi particolari: «La rivista Controinformazione era il luogo di un vero e proprio governo del terrore, in cui convergevano l'Autonomia organizzata e le Br. Era la sede di un autentico “partito armato”, che fece le prove alla Fiat nel ‘73, e poi uccidendo il sindacalista Labate. Tra le due organizzazioni esisteva una coalizione, come tra partiti di governo. Fu la ragione di partenza per cui contestai a Negri non solo il ruolo di vertice in Autonomia, ma il ruolo di vertice nelle Br, poiché il “partito armato” collegava le due organizzazioni. Lo dimostrano le sentenze, che hanno ribadito tutte, in Appello e in Cassazione, la struttura associativa dell'Autonomia. I pentiti, come Carlo Fioroni, che confermarono gli incontri del '73-74 tra Toni Negri e Renato Curcio, vennero dopo, solo nel dicembre del '79». ??Quel sette aprile il «teorema Calogero» - così lo etichettarono subito i suoi tanti nemici - fece arrestare o imputò tutti i capi dell'Autonomia padovana, Toni Negri, Franco Piperno, Luciano Ferrari Bravo, Emilio Vesce, Oreste Scalzone. Fu un finimondo, che avviò uno degli iter processuali più travagliati, lunghi e anche criticati della storia repubblicana. Ci furono molte assoluzioni, per esempio quella di Emilio Vesce e Luciano Ferrari Bravo. La tesi, inizialmente avallata da una perizia, che Negri fosse il telefonista delle Br durante il sequestro Moro, cadde miseramente. La stessa pena per Negri, inizialmente trent'anni, fu ridotta a sedici, «ma l'Appello e la Cassazione confermarono la struttura associativa», rivendica ora Calogero. E aggiunge moltissimi particolari inediti e dirompenti.??Uno su tutti: il ruolo del Sismi, allora diretto dal generale Giuseppe Santovito, nella copertura degli autonomi. «La prima perquisizione nell'indagine su Negri e l'Autonomia avviene, su mio ordine, il 21 marzo ‘77. Ma ai nostri apparati di sicurezza, il Sismi, già tre anni prima risultavano gli incontri tra Negri e Curcio». Nessuno mosse niente. La cosa gli venne comunicata dal probo colonnello Notarnicola. Seguì un incontro con Santovito in cui, tardivamente, il generale offrì aiuto sui colloqui dei primi anni settanta tra Negri e Curcio: ma richiedendo di retrodatare la loro collaborazione...

4.

Letture di classe

Sandro Saggioro, Né con Truman né con Stalin, Storia del Partito Comunista Internazionalista (1942-1952)
Colibrì, Paderno Dugnano (Milano), 2010.

Il Partito Comunista Internazionalista nacque durante la Seconda guerra mondiale e, tra il 1945 e il 1948, conobbe una notevole diffusione: migliaia di militanti e sedi in quasi tutte le regioni italiane. Soprattutto ebbe una significativa presenza nelle lotte che in quegli anni scossero le fabbriche, le campagne e le piazze d’Italia. I suoi esponenti e militanti, a partire da Amadeo Bordiga e Onorato Damen, provenivano in gran parte dai quadri che, nel 1921, avevano partecipato alla fondazione del Partito Comunista d’Italia e che, in quegli anni, avevano maturato fondamentali esperienze politiche.

Di questo partito, la storiografia è stata pressoché assente, tranne scarsi accenni, spesso denigratori, con la parziale eccezione di due recenti libri di Alessandro Pellegatta, riguardanti l’attività degli internazionalisti nel Varesotto e all’Elba, in particolare all’Ilva di Portoferraio. E «con riserva», annoveriamo anche gli articoli di Roberto Gremmo. Altrimenti, le uniche esposizioni, che meritano attenzione, riguardano il periodo resistenziale, e sono presenti nei libri di Arturo Peregalli (1988 e 1991) e, in parte, di Maurizio Lampronti (1984) nonché nella tesi di Mariarosaria Donato (1980).

Sandro Saggioro ha inteso colmare la lacuna con un libro di 414 pagine, di cui la metà è dedicata alla raccolta di documenti, pur massicciamente presenti anche nella parte, propriamente descrittiva. Ricostruendo la storia del Partito Comunista Internazionalista il libro traccia un quadro apparentemente fedele ma che, nel complesso, è a macchia di leopardo, con numerose défaillance. Soprattutto è assente la presenza degli internazionalisti nelle lotte che, in quegli anni, scossero le fabbriche, le campagne e le piazze. Assenti sono poi i rapporti che il partito ebbe con ex partigiani, forse ignorati in nome di un «anti resistenzialismo» di maniera. Infine, il contesto storico è a mala pena sfumato. Queste carenze non aiutano certo a capire per quali motivi in quegli anni, in Italia, sorse un «piccolo partito rivoluzionario di massa», fenomeno unico a livello mondiale.  Ma questi sono aspetti che a Saggioro non interessano. Infatti, nell’Introduzione, afferma:

 «Che poi il Partito Comunista Internazionalista sia uscito sconfitto dal secondo dopoguerra e che vincitore sia risultato, invece, il progetto nazionalista, democratico e borghese del PCI, ebbene, questo è un altro discorso che meriterebbe un esame storico-teorico».

 Bene. Ma allora che cosa vuole essere la Storia di Saggioro? Vuole essere una storia di idee. È una ricostruzione dei pur interessanti dibattiti che in quegli anni ci furono tra i maggiori esponenti del partito: Amadeo Bordiga, Onorato Damen, Ottorino Perrone, Bruno Maffi, Souzanne Voute … Quindi, oltre che «storia di idee» è anche «storia di personalità», alla faccia del mal celato bordighismo che pervade l’opera, eludendo bellamente l’essenza dei problemi. La ricostruzione di Saggioro non parla infatti delle reali carenze teoriche degli internazionalisti, che allora non seppero cogliere le caratteristiche della fase storica; per quanto forti, i contrasti che li divisero avevano in comune la prospettiva di un’imminente guerra, senza scorgere il grandioso processo di accumulazione che si stava avviando in Occidente, grazie al Piano Marshall. Quando, alla fine del 1947, Bordiga iniziò a formulare una diversa ipotesi, mettendo giustamente il luce il ruolo egemone degli Stati Uniti d’America, le sue tesi furono trascurate anche da coloro che poi sarebbero stati «più bordighisti di Bordiga». E a questo bordighismo estetizzante si rifà Saggioro,  privilegiando una visione di tipo manicheo, in base alla quale l’esperienza del Partito Comunista Internazionalista rappresenterebbe una sorta di «errore della storia», sarebbe un’esperienza velleitaria che, nella sua negatività, confermerebbe la giustezza di quel determinismo assoluto, cui si richiamano molti bordighisti. Per questo motivo, questa Storia potrà certamente essere gradita ai «bordighisti in sevizio permanente effettivo», ma essa non offre alcuna spiegazione critica di un movimento politico, che vide la partecipazione appassionata di un consistente numero di militanti, la cui adesione non si può ridurre a motivazioni meramente ideologiche, che potrebbero in parte valere per la «generazione del ’21», ma altrettanto non si può dire per molti giovani proletari, come Ilario Filippi e Sergio Salvadori, le cui esperienze erano la Resistenza e le lotte del dopoguerra. Ed è a queste esperienze che bisogna fare riferimento, per rintracciare quei criteri di analisi e interpretazione, che consentono di dare «carne e sangue» alla storia del Partito Comunista Internazionalista. Ed è quanto mi sono proposto di fare con un lavoro che sto conducendo da alcuni anni e che, mi auguro, possa andare presto alle stampe.

Dino Erba, Milano, 30 settembre 2010.

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Published by Oreste Scalzone
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